vendredi 27 août 2010

06/08

Le machu Picchu. Le joyau du Pérou. Logiquement, c’est en grande partie pour lui qu’on vient au Pérou. Et comme plusieurs centaines de milliers de personnes avant nous, c’est à notre tour d’emprunter ces chemins 5 fois centenaires… Mais bien sûr, tout ne va pas se passer comme prévu… Commençons par le commencement : Le Machu Picchu devient de plus en plus cher, année après années, et si on choisi le chemin " grand public ", train + accès au site on arrive facilement à 150$. Mais les pionniers backpackers on très rapidement ouvert un chemin alternatif, via une succession de bus et 3h de marche, en suivant les rails du train menant à Aguas Caliente, dernière étape obligatoire avant le Machu Picchu. On choisi donc cette option qui devrait, logiquement, nous prendre 4 jours, aller-retour + visite du site… Mais après seulement 2h de bus, nous sommes stoppés par des villageois et le chauffeur nous indique qu’il fait demi tour et rentre à Cusco. La raison : des grèves paralysent le sud du Pays et une partie de la Bolivie depuis quelques jours, la privatisation du gaz, une denrée rare par ici, en étant la cause. Bien entendu, c’est hors de question pour nous d’abandonner maintenant, on force le chauffeur à s’arrêter et on descend du bus, la plupart des gens nous imitant. On se renseigne sur la possibilité de continuer à pied, il faut compter 3h, 3h30 selon les villageois… 6h plus tard, nous arrivons à Santa Maria, de nuit… Le lendemain, un camion accepte de nous amener à Santa Thereza, le trafic des bus étant suspendu. Le deal étant de voyager à l’arrière pour 3euros, entre l’ail et les navets, et de l’aider à déblayer la route, là où les villageois ont provoqués des éboulements pour bloquer le passage. On s’est donc retrouver, pelles et pioches à la main, à creuser dans la montagne pour ouvrir un passage au camion et pousser des pierres de trois fois notre poids dans les ravins (!) Qu’on ne vienne pas me dire que l’aventure n’existe plus… Bref, nous arrivons à Santa Thereza dans la journée, et notre récompense est un bain dans les bassins d’eaux chaudes thérapeutiques, rien de mieux pour réparer mon petit corps meurtrie. Tellement agréable qu’on décide de camper juste à côté (à distance raisonnable, pense-t-on des nuées de moustiques) et de remettre ça le lendemain matin. On reprend la route le lendemain, mais avec déjà un jour de retard sur notre planning. Un taxi nous emmène jusqu’à Hydro-Electrico, là où commence le chemin menant à Aguas Caliente. Et c’est reparti pour 3h de marche. L’avantage : les paysages magnifiques et la température très agréable, à l’ombre de la forêt. J’arrive à Aguas Caliente à la tombée de la nuit, ayant perdu en route Roman et Alejandro. Le problème c’est que je n’ai pas un sou en poche et, bien entendu, j’ai oublié ma carte bleue… Bon ok, j’ai un peu flippé quand même, car sans argent, impossible de me procurer le ticket d’entrée pour le Machu Picchu et surtout impossible de rentrer jusqu’à Cusco… Merci Facebook, je les retrouve quelques heures plus tard. C’est bon, on peut allez descendre quelques bières… Malheureusement, c’est p***** de moustiques on prélevé un lourd tribut sur Roman, ses pieds ayant doublé de volume, on ne pourra pas grimper jusqu’au site le lendemain. Le problème c’est qu’à Aguas Caliente, à part des pizzerias et des cybers cafés, il n’y a absolument rien à faire. De plus, on est à cours d’argent et le seul distributeur qui marche dans la ville n’accepte pas les cartes bleues de Roman et Alejandro… Et bien sûr, le bureau de Western Union n’ouvre que le lendemain. Ok, c’est partie pour une journée de plus dans cette ville où les gens ne reste d’habitude pas plus d’une après midi. Le lendemain, on reçoit notre transfert d’argent, on peut acheter nos tickets d’entrée, et direction le camping, juste à côté de l’entrée de site. Le principe est simple, les portes en bas de la montagne de l’autre côté de la rivière ouvrent à 5h du matin, et c’est la course pour grimper jusqu’à l’entrée du site pour avoir la chance d’être le premier à rentrer et ainsi profiter du site dans toute sa splendeur, sans aucun touristes. Mais grimper 1h, à une altitude élevée, à 5h du mat, et surtout après ce qu’on a dépensé comme énergie les jours d’après, et arriver les premiers, c’est mission impossible pour nous… Et puis on ne fait jamais rien comme les autres, donc autant continuer… La veille de notre ascension, on rencontre un type du coin qui nous explique qu’il existe un chemin alternatif pour grimper au Machu Picchu, interdit bien sûr, et qui permet de grimper en haut avant tout le monde… En gros, on longe la rivière et il y a un « pont » fait de planche rudimentaire qui permet de rejoindre l’autre rive et après il faut se débrouiller pour retrouver le chemin qui monte au Machu Picchu, lampe de poche à la main. Exactement ce qu’il nous faut ! On trouve le pont, on trouve le chemin, on commence donc à grimper, pendant que les autres touristes attendent bien sagement en bas… Bon, la montée c’est révélé beaucoup plus dure que je ne le pensais, surtout que je tenais une bonne grosse crève, m’empêchant de tout donner, et de plus, on devait se jeter dans les fourrés, à chaque fois qu'un camion passait, puisqu'on avait absolument pas le droit de se trouver là, à cette heure-ci ! Et le pire, c’est que malgré l’avance qu’on avait, les premiers touristes, les « vrais marcheurs », commençais à nous rattraper ! Merde, on n’a pas fait tout ça pour se faire piquer notre place au dernier moment !!! Je pense avoir atteins mes limites physiques ce jour là, on est arrivé en haut, rincé, mais les premiers ! Ok, on a grugé, mais bon, le résultat est là ! Et puis c’est pas comme si j’étais un enfant de cœur non plus… Bref, j’ai la chance d’être le tout premier à rentrer sur le site, et effectivement, je prends vraiment une très grosse claque ! On à l’impression de se retrouver face à une carte postale géante, sans aucuns touristes pour gâcher le paysage, et surtout on peut encore ressentir l’âme des incas qui plane, le savoir architecturale qu’ils possédaient est juste bluffant. On se reprend plusieurs fois à se demander comment ils ont réussis à construire tel mur à même la falaise ou amener des pierres aussi grosses ou bout de telle corniche… Impressionnant. Mais le plus époustouflant reste le lever du soleil derrière les montagnes. Le genre de spectacle qui vous fait oublier toutes les galères précédentes… Malheureusement, 45mn plus tard, le site est complètement pollué de touristes, le bob vissé sur la tête, les chaussettes remontées jusqu’aux genoux et l’appareil photo en bandouillère… Ok, il est temps pour nous de redescendre ! Pour rentrer sur Cusco, nous décidons de prendre le train, tout du moins jusqu’à la moitié du trajet, et bien sûr, plus aucun billet disponible. Normal quoi. Allez, une nuit et une journée de plus dans cette ville maudite !
De retour à Cusco, 6 jours plus tard au lieu des 4 prévus initialement, on décide de s’installer au Loki Hostel. Ceux qui connaissent imaginent très bien comment nous avons pu y rester une semaine, sans quasiment jamais en sortir. Pour les autres, je peux facilement résumer les quelques jours qui on suivi notre trip au Machu Picchu. La devise officieuse de cet hôtel c’est : chilling, get drunk, party… Et ça tous les jours ! En gros la journée on reste au soleil, on matte un film, on va sur internet, bref on glande, et le soir, il se passe toujours quelque chose au bar et l’alcool coule à flot… littéralement parlant. C’est un bon endroit pour décompresser, mais après une semaine, l’envie de bouger devient trop forte, et je décide de partir pour la Bolivie, accompagner de Roman, Alejandro restant 2 ou 3 semaines de plus, ayant trouvé une place de serveur au Loki.
Voilà, je laisse le Pérou derrière moi. J’y ai vécu des moments intenses, vu des paysages fabuleux, fait des rencontres passionnantes… Un premier mois correspondant exactement à mes attentes, chargés d’émotions de toutes sortes, j’ai souvent dépassés mes limites, autant physiques qu’émotionnelles et ai pu, du coup, en apprendre un peu plus sur moi. Next step, la Bolivie, un autre pays, une autre mentalité, et surtout un nouveau terrain vierge pour y graver mon sillon…

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